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Publié par Auteur:Jean Boutin

Le Grand peuplier d'Aigueblanche

Cet arbre imposant placé au centre du village, avait été planté 100 ans auparavant pour célébrer le rattachement de la Savoie à la France.

Cet arbre, un splendide peuplier, rendu fragile par le temps, était creux, les enfants y jouaient à l’intérieur et seul une couronne avait encore un peu de résistance, ajouter à cela la dangerosité de sa situation lors de sa chute qui ne pouvait n’être qu’inéluctable.

La municipalité ayant décidé son abattage avait mis en adjudication ce chantier.

Papa Boutin s’est inscrit et à obtenu le contrat pour 160.000 francs Il n’y avait pas beaucoup de volontaires, et…peut être était-il le seul ?

Pour abattre cet arbre qui, vu d’en bas, apparaissait gigantesque à tous, (voir photo et estimation de sa hauteur par rapport aux étages des maisons qui l’entoure).

Il à fallut déterminer le meilleur moyen d’arriver au bout du chantier sans conséquence pour la circulation, les piétons, les maisons et commerces qui l’environnaient de très prés comme nous pouvons nous en rendre compte sur la photo.

Nous avons décidé de l’abattre par la seule solution possible, par tranche en partant du haut.

Pas beaucoup de volontaires aussi pour monter en haut avec les moyens du moment ; pas de grue, pas d’échelle de pompiers a cette hauteur, pas de nacelle.

Je situe l’époque en juillet 1959, je rentrais de mon service armée et j’étais en bonne forme physique. Cette action étant la cheville ouvrière de l’opération. J’ai saisi l’occasion de gagner un peu d’argent, et après discussion obtenir 40.000 francs pour le faire.Pour tout matériel, nous avions la vieille camionnette, des scies à main, des cordes, des câbles.

Nous avons donc placé une échelle qui arrivait à la base du bouquet de branches, puis j’ai fixé une première échelle contre le tronc, puis d’autres pour pouvoir accéder vers le haut, les derniers mètres ont été gagnés en clouant une planche sur le tronc, puis m’asseyant sur celle-ci, en clouée une autre, puis deux autres.

La première zone de coupe atteinte, il me fallait fixer un peu plus haut la corde destinée au tirage par la camionnette et procéder au sciage des trois quart du tronc pour affaiblir la section.

Retour au sol, là, chacun s’assurait d’être à l’abri, la camionnette d’un coup sec finissait de casser la zone sciée en orientant la chute dans l’axe de la route de Bellecombe, puis ce morceau était tiré jusqu'à l’atelier.(1)

De tronçons et branches, nous sommes arrivés à débiter l’ensemble et à mener à bien toute l’opération.

Il faut se mettre dans le contexte de l’époque pour en imaginer la scène…

Souvenirs souvenirs.

Jean Boutin

(1) L'atelier : l'actuelle carrosserie du Rond Point

Le Grand peuplier d'Aigueblanche
Le Grand peuplier d'Aigueblanche Le Grand peuplier d'Aigueblanche

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